Le sport après 50 ans - chapitre 10

Evaluation des vétérans et séniors, dépistage, des facteurs de risques et aptitude au sport,

Evaluation des vétérans et séniors, dépistage, des facteurs de risques et aptitude au sport, 1/ Premier constat : l'Insuffisance d'évaluation chez les vétérans et seniors. 

Pour 4037 marathoniens tout venant, 74% ont un âge compris entre 36-55ans (43 % sont âgés de 41-50ans) avec une égalité entre les Hommes et les Femmes. L'entraînement des Hommes est de 4h/semaine et celui des Femmes est de 3,5h/semaine. Des signes fonctionnels sont présents à l'effort pour 7% des Hommes et 10% des Femmes. Et cependant ils ne sont pas forcément signalés aux médecins traitants ! Et de surcroît, il n'existe pas ensuite de suivi avec explorations complémentaires ! Seulement 7% ont eu un Electrocardiogramme de repos et 30% ont eu une Epreuve d'Effort avant le marathon. [Marathon et facteurs de risque cardiovasculaire J.M. Chevalier, Cardio et Sport N°10, mars 2007, p 9-13.] 

Alors que de gros efforts sont actuellement réalisés chez les sujets jeunes et pour le haut niveau, les efforts portant sur les plus anciens restent très parcellaires.

2/ Quel bilan réaliser ? 

Le certificat de non contre-indication : pas un certificat à faire à la légère!

Un bilan médical initial de repos suffisamment sérieux pour faire le point sur les antécédents cardio-vasculaires, mécaniques, articulaires et rachidiens, … 

Le bilan cardiologique de dépistage est essentiel.

L'importance de l'interrogatoire et du questionnaire cardiologique suivi de l'examen physique n'est plus à démontrer. Consultation à renouveler chaque année au-delà de 50 ans.

L'ECG de repos, à faire une fois par an...

L'électrocardiogramme de repos reste un élément de base pour le dépistage des troubles du rythme ou de la conduction, des signes d'ischémie silencieuse ou de maladie coronarienne et les cardiomyopathies hypertrophiques. L'ECG paraît obligatoire si on retrouve chez le sujet la présence de facteurs de risques cardiaques et il est toujours conseillé surtout si le sportif exerce des efforts intenses ou pratique un sport en compétition.


- L'Epreuve d'effort, quand la demander ? 

L'Epreuve d'Effort pour dépistage Cardiologique, simple, sur vélo avec mesure de l'ECG et de la TA n'est pas systématique mais facilement proposée. 

Cependant il est fortement conseillé de la pratiquer : 

* Si on note la présence d'au moins 2 facteurs de risque cardiovasculaire (HTA, cholestérol, diabète, tabac, surcharge pondérale) 

* Si on note des signes fonctionnels ou physiques anormaux (essoufflements, douleurs thoraciques, palpitations, lipothymies) 

* Si on retrouve un ECG de repos avec des signes positifs : Palpitations, Douleur thoracique, Syncope, ou équivalent, Troubles respiratoires, Fatigabilité anormale. 

* En cas de reprise après arrêt prolongé. 

* En cas d'activité intense pour les Hommes de plus de 40 et pour les Femmes de plus de 50 ans. 

* Au-delà de 55 ans en cas d'activité physique soutenue. 

Cette épreuve d'effort doit elle être répétée tous les 2-3-5 ans ? Il existe peu de consensus dans ce domaine, mais l'idée conductrice est plutôt favorable à un bilan régulier. En cas de cardiopathie connue : tous les ans est la règle. 

Toutefois, attention, l'épreuve d'effort n'est pas une assurance tout risque : la valeur prédictive de rupture de plaque coronarienne à l'effort ou dans les minutes post effort est relativement mauvaise. Cette épreuve très efficace n'est pas valable à 100% !

- Intérêt de pratiquer une échocardiographie : cet examen plus spécialisé sera réalisé en fonction du bilan de base et des résultats de l'épreuve d'effort.


3/ bilan respiratoire: 

Un interrogatoire et un examen physique sont habituellement suffisants. Le recours à des explorations plus complexes ne se décidera qu'en présence d'anomalies particulières.


4/ bilan musculaire:

Il n'est pas nécessaire de réaliser un testing musculaire trop complet mais de surveiller quelques indices régulièrement : 

- la force par dynamomètre à main et vérifier toute diminution de la force.

- les membres inférieurs : par des séries de flexion- extension ou de redressement assis-debout selon l'âge et les capacités motrices du sujet ; les résultats sont bons au-delà de 30 répétitions / minute, médiocre ou mauvais au-dessous de 15 répétitions / minute. 

- la musculature abdominale : en position allongée, nombre de relevé du torse, pieds au sol, pendant une minute. 

- la musculature du dos avec maintien de position en extension du dos le sujet étant en position ventrale.


5/ bilan ostéo-articulaire:

- La recherche des limitations articulaires et des déformations articulaires est orientée par les accidents, les pratiques.

- Le bilan rachidien et le dépistage de toutes lombalgies sont systématiques. 

- Une évaluation de la souplesse générale est intéressante : sujet debout, flexion du tronc, jambes tendues et mesure de la distance main sol et/ou sujet assis, flexion du tronc et mesure de la distance main pied. 

- intérêt d'une autoévaluation : l'exemple du genou en 20 questions (annexe en fin de texte) 

- Intérêt de la mesure de la densité osseuse ? Pour évaluer le capital osseux et le risque de fracture, des examens sont parfois proposés : pas tellement la radiographie osseuse très peu précise que la mesure de la densitométrie. Cependant, il n'existe pas de consensus réel dans ce domaine actuellement.

- En revanche, il existe un intérêt important de rechercher des troubles statiques, et de faire un examen de podologie.


6/ bilan nutritionnel: 

Questionnaire nutritionnel pour dépister les insuffisances et les déséquilibres alimentaires.

- La recherche d'une surcharge pondérale par le calcul de l'indice de masse corporelle (IMC) (normale comprise entre 20-25)

- Le test du tour de taille en centimètre ( 88 cm pour la femme, 102 cm pour les hommes), test de référence dans le diagnostic du syndrome métabolique 

- Le test du pli cutané , qui mesure la composition corporelle à partir du % de masse grasse. La stabilité du poids est un facteur essentiel de la surveillance de la condition physique d'un vétéran avec un % de la MG normal (< 20%).

- Eventuellement une exploration des anomalies lipidiques sera préconisée surtout chez l'homme de plus de 45ans et chez la femme de plus de 55ans (haute autorité de santé).


7/ bilan neurologique et psychique pour les plus âgés :

- Les « réflexes » et surtout les possibilités d'équilibre en unipodal (sur un pied), de marche sur une ligne dessinée au sol sur 6m, test de Fukuda, afin de prévenir les chutes fréquentes après 65 ans.

- Test de mémoire. 

- Bilan auditif (acuité auditive) et visuel (acuité visuelle et champ visuel).