Le sport après 50 ans - chapitre 12

Les pathologies chez les vétérans et séniors

Les pathologies chez les vétérans et séniors

LA MORT SUBITE


La mort subite est le décès brutal d'un sujet apparemment en bonne santé dans l'heure suivant le début des symptômes. 

Mort subite : 1/200000 adolescent et 1/18000 pour les 25-75 ans, chaque année. 

Moyenne d'âge des décès (8 recensés sur 10) : 48,3 ans 

Le risque de mort subite est parfois retardé : au décours de l'effort (30 minutes à 1heure après l'effort), en voiture pendant le retour, voire même à domicile.

Toutefois, le niveau d'entraînement protège statistiquement le sportif très régulier ; le sédentaire de plus 40 ans présente un risque d'infarctus du myocarde d'effort plus élevé de 107 fois environ que les sujets entraînés. 

Cette pathologie est d'autant plus fréquente que le sujet s'entraîne beaucoup, et de façon intense. Le compétiteur ou le sportif de loisir qui recherche la performance, sont particulièrement exposés. La pratique d'une activité courte et intense multiplie par 56 le risque de mort subite chez un sédentaire, et par 5 chez un sujet entraîné.

Les causes sont cardiologiques dans 95% des cas : atteinte des artères coronaires, myocardiopahtie hypertrophique, anomalie des valves cardiaques, myocardite, ou anomalie électrique. Dans 5% des cas, il s'agit d'un problème vasculaire qui s'exprime brutalement (anévrysme cérébral ou aortique, dissection d'une artère vertébrale, hémorragie cérébrale) ou autre.

Ces anomalies sont détectées par l'électrocardiogramme (ECG) au repos ou à l'effort et à l'échographie cardiaque, d'où l'intérêt d'un dépistage sérieux et régulier. 

Peut on prévenir la mort subite ? 

Quelques règles de bonne pratique cardio-vasculaire doivent être respectées pour tous : 

Respect d'une phase d'échauffement et de récupération

Hydratation correcte avant, pendant et après l'effort 

S'adapter aux conditions ambiantes : fortes chaleur, grande humidité, grand froid, haute altitude 

Eviter les efforts trop proches des repas 

Pas de douche immédiatement après la séance, en l'absence d'un retour au calme bien conduit. 

Pas de tabac après l'effort (dans les 2 heures suivant) (spasme artériel par nicotine) 


Savoir s'écouter 

Eviter le sport en cas de fièvre, infection ou fatigue anormale

L'INSUFFISANCE VEINEUSE 

Les problèmes se situent essentiellement au niveau des mollets. L'activité musculaire exerce un effet de pompe sur les veines mais en même temps les veines subissent les à coups de pression avec dilatation et nombreux échanges de sang entre les secteurs profonds et superficiels puis risque de dégénérescence veineuse : sinueuses, variqueuses. 

En cas de contractions répétitives ou dans des efforts avec blocage brutal et bref du flux fémoral (cas de l'haltérophilie, sauts et lancers, shoot, changement de direction brutal …), il existe un véritable syndrome compressif veineux avec stase puis altération des valvules. 

Si certaines activités sportives favorisent les insuffisances veineuses, se pose la question d'une prévention et du rôle de la contention et compression veineuse. La contention est très intéressante en phase de récupération mais plus discutée en phase d'effort ; sauf en cas de claquage, de rupture musculaire, de rupture du tendon d'Achille. En revanche, massages et étirements sont toujours recommandés. 

PACE MAKER 

Il existe la possibilité malgré la présence d'un Pace Maker d'élever la FC à l'effort et de l'adapter à l'effort. (Réglage en test d'effort : asservissement à la ventilation si sport d'endurance, à l'activité, accéléromètre en sport d'accélération.). Il n'y a donc pas de contre-indication à la pratique d'activités physiques pour un sujet porteur d'un pace maker. 

Faut-il contre-indiquer des, sports collectifs, ou etc.? 

3 éléments déterminent les autorisations sportives après programmation en labo du Pace Maker : 

• type de cardiopathie responsable du Trouble de Conduction (atteinte des artères coronaires en particulier) 

• degré de dépendance au pace maker 

• type de sport, sports à risques de contacts ou de traumatismes, avec risques de chutes, … 

Faire attention à la place du boîtier selon sport (tir : droitier, gaucher) ; les risques sur le boîtier sont peu importants car les boitiers sont très solides, en revanche, les sondes sont plus à risques car leur extrémité est située dans le ventricule et leur position dans les vaisseaux peut provoquer un cisaillement vasculaire (dans certains gestes : smash, service, swing, etc.). bien que très rare, le fonctionnement du stimulateur peut entrer en interférences avec les muscles proches il est donc préférable d'éviter les sports à risque en cas d'interruption brutale du PM (escalade, plongée, etc.). 

PROBLEME DES PROTHESES:

Les porteurs de prothèse doivent être encouragés à rester actifs pour leur état de santé global et pour maintenir la bonne qualité mécanique de leur squelette osseux. Toutefois, plus on se sert de la prothèse et plus l'usure est rapide.

Les risques pour les porteurs de prothèse résident dans l'éventualité de chutes, de contacts, de gestes extrêmes. Même dans des activités qui peuvent paraître peu contraignantes, l'articulation est en réalité soumise à d'importantes contraintes. Ainsi, lors de la randonnée sur terrain vallonné, la biomécanique nous apprend que la charge répercutée au niveau du genou atteint 8 fois le poids du corps, et elle est maximale à 40° de flexion. On notera que la marche en montagne en descente est déconseillée, et si elle ne peut être évitée, l'emploi de bâtons sera nécessaire, car ceux ci, bien utilisés, diminuent les impacts de 20% sur les membres inférieurs. 

Il n'est donc pas souhaitable de pratiquer régulièrement des activités qui soumettent la prothèse à des contraintes trop importantes comme le ski alpin ou des sports comportant des impacts importants, brutaux, répétitifs, directs ou indirects (judo, karaté, course à pied, marche en montagne en descente,...) ou qui exposent aux traumatismes, en particulier en cas de niveau technique insuffisant (judo, saut, ski). De même, éviter le lever des haltères, ou les sports à risque liés à l'environnement (canyoning, alpinisme). 

De nombreux auteurs ont étudié les possibilités de reprise sportive (type de sport et niveau de pratique). La plupart des activités peuvent être reprises, en excluant les sports d'équipe, de ballon et la course à pied. 

Si le sportif respecte certaines règles de sécurité, pas de compétition, pas d'entraînement dur, une pratique modérée et réfléchie, la reprise dans le même sport est possible et observée pour 75% des sportifs. Par ailleurs, le vécu des patients questionnés 5 ans après la pose d'une prothèse est variable. La proportion de sujets sportifs après mise en place d'une prothèse totale de hanche augmente de 52%. A l'inverse, la proportion de sujets sportifs après prothèse de genou diminue de 34% (Etude américaine portant sur 800 patients). Cette différence semble liée à la persistance de douleurs résiduelles plus fréquentes dans le cadre de la prothèse totale de genou. 

Tableau des sports recommandés ou non. Bien entendu, tous ne figurent pas dans cette liste et les règles de bon sens s'appliquent aux autres sports.

Sports recommandés

Autorisés si expérience

Non recommandés

Indéterminés

       

LIA

Aviron

Squash

Haltérophilie

Bowling

Ski de fond

Football

Roller

Danse

Tennis double

Gym

 

Natation

Musculation sur machine

Basket

 

Home trainer, cyclisme

Canoë

Handball

 

Golf

Randonnée

Escalade

 

Equitation

Marche athlétique

Tennis en simple

 

Marche

Patin à glace

Hockey

 

Voile

Aérobic

Jogging

 

Plongée

Ski alpin / fond

Karaté

 

Tir

Volley

Ski nautique

 

 Vélo d'appartement

 Cyclisme de route

rugby

 

Aérobic léger

 

Aérobic intense