Le sport après 50 ans - chapitre 5

Le vieillissement, les aspects neurologiques, psychomoteurs et le sport

A/ Les aspects gestuels et neurologiques:

Sur le plan neuromusculaire, l'âge entraîne une diminution des vitesses de propagation de l'influx nerveux, une augmentation des temps de réaction nerf-muscle et une diminution des capacités d'adaptation psychomotrice. La perte du nombre des unités motrices (au niveau du jambier antérieur, muscle situé devant le tibia) est nette : de 150 à 23-32 ans, le nombre d'unités motrices diminuent à 91 à 61-69 ans et à 59 à 80-89 ans.

La diminution de la capacité de force se manifeste plus dans les mouvements rapides que dans les mouvements lents, car les vitesses de contraction et de relaxation sont diminuées.

Dans le même temps il existe une diminution de la perception et de la proprioception périphérique avec diminution de l'équilibre après 60 ans. Ces troubles d'équilibre peuvent être responsables de chutes, plus fréquentes avec l'augmentation de l'âge, parfois suivies de complications : fractures du col du fémur et lésions vertébrales.

Proprioception : ensemble des sensibilités issues des terminaisons nerveuses situées dans les pieds, les articulations, les muscles et les tendons, qui fournissent en permanence au système nerveux central les renseignements pour assurer la bonne posture, en dehors de tout mécanisme conscient.

Ces modifications neuro-motrices ont été étudiées dans la gestuelle de la course à pied. Les travaux ont bien montré la diminution de l'efficacité de la gestuelle avec l'âge. 

On observe, avec l'avancée dans l'âge, une diminution significative de la longueur moyenne de l'enjambée qui passe de 2,40 m à 40-49 ans à 2 m au-delà de 60 ans . En même temps, il existe une diminution de la vitesse d'exécution du geste et une réduction du temps de non appui au sol. 

La comparaison des aspects biomécaniques de la course, chez des finalistes du 100 m, pour des hommes âgés de 40-88 ans et des femmes âgées de 35-87 ans, confirme la diminution des performances de sprint avec l'âge, surtout après 65 ans. 

La vélocité diminue de 5-6 % par décade chez les hommes et de 5-7% chez les femmes. La longueur de la foulée diminue alors que la fréquence de foulée reste stable, le temps de contact au sol est plus long et le temps en l'air est plus court . 

L'entraînement régulier permet de limiter ces pertes d'efficacité en améliorant l'efficacité gestuelle et la synchronisation des motoneurones.

L'entraînement régulier, en améliorant la coordination, diminue le risque de chutes (en effet 1/3 des plus de 65 ans font 1 chute/an avec risque de fracture). Ce résultat est prouvé chez les retraités qui pratiquent régulièrement la marche à 2 km/h , à raison de 3 fois par semaine: le nombre de chutes et de fractures est nettement réduit.

Tous les entraînements de type gymnastique ou tai chi ou autres activités gestuelles douces ont montré leur efficacité sur la réduction des chutes des personnes âgées au delà de 65 ans. Par exemple, chez des personnes de plus de 65 ans, des programmes d'entraînement de gymnastique (106 personnes d'âge moyen 78 ans) ou de tai chi (107 personnes d'âge moyen 78 ans) entraînent, après 10 semaines, une amélioration de 5 à 10% sur les tests d'équilibre et un gain de temps dans le" test du lever-démarrage" de plus de 1 seconde.

Chez 269 femmes âgées de 70 ans et plus, pratiquant le tai chi sur un programme de 48 semaines, les caractéristiques physiques et surtout la déambulation sont nettement améliorées, même chez les personnes initialement très limitées dans leur déplacement.

B/ Les aspects psychologiques et sociologiques:

Ces améliorations neurologiques sont associées à des améliorations neuropsychologiques.

La pratique régulière d'une activité physique s'accompagne 

d'une amélioration des fonctions cognitives, de la mémoire (les tests psychométriques et mnésiques sont améliorés si l'entraînement est régulier), 

d'une amélioration de l'humeur, de l'image de soi, de la gestion du stress et du moral en général 

d'une amélioration de la socialisation et d'une diminution des risques de dépendance pour les plus âgés...