Maladies curatives - chapitre 2

Le sport et l'obésité

En France, l’obésité touche 12 à 15% des jeunes de 5 à 12 ans, (+30% en 10 ans). Or, 60% des enfants obèses deviennent des adultes obèses! Actuellement 10% des adultes sont obèses

Qu’est-ce que l’obésité ? Elle est définie par différents indices :

 
  1. L’Indice de Masse Corporelle (IMC) : rapport de Poids (kg) / Taille2 (m);
    l’IMC normal varie de 19 à 25,
    entre 25 et 30 il s’agit d’un surpoids et
    au delà de 30, il s’agit d’obésité.
    [modérée 30-35 sévère 35-40 morbide >40]
     
  2. Le % de Masse Grasse, (mesuré à la pince ou par des balances spécifiques, attention à la fiabilité de ces balances)
    Normal à 15-20% chez l’homme et 20-25% chez la femme;
    Obésité si le % est supérieur à 25% chez l’homme et à 30% chez la femme.
     
  3. La circonférence abdominale qui est le reflet des graisses viscérales. .
     

    Reflet de la surcharge abdominale : rapport Taille/Hanche. (H < 0,9 ; F < 0,85)

  • Pour perdre du poids, trois facteurs doivent être présents :
    • Le régime pour perdre du poids initialement,
    • L’activité physique pour conserver la perte acquise,
    • Le support psychologique pour assumer la démarche globale.
  • Tous les sportifs d’endurance longue sont « maigres » : il faut les imiter !

Rôle de l’effort  sur l’adiposité :

  1. Augmenter la lipolyse (destruction des réserves de graisses) : après 4 mois d’entraînement de type aérobie, chez 11 garçons, de 25,6 +/- 1,4 ans et IMC 27,7 +/- 0,2 l’utilisation des graisses lors d’un exercice est significativement améliorée.
    (Unité de Recherches sur les Obésités, 2003).
     
  2. Diminuer le poids et la masse grasse :
    L’exercice physique permet de perdre du poids de façon d’autant plus importante que l’intensité de l’effort est plus élevée dans une catégorie d’effort de type dynamique et endurance (après 1 an d’activité physique assidue : perte de 6 kg à 1000 kcal/semaine et de 8 kg à 2500 kcal/semaine).
    (Jeffery RW, 2003.)
     
  3. Améliorer la répartition de l’excès de graisses : chez 7288 hommes et 2326 femmes, qui pratiquent la course à pied, on observe, selon les niveaux d’effort définis sur la distance courue/semaine, une diminution d’autant plus importante de l’IMC et de la circonférence abdominale (cm) que l’effort pratiqué est élevé.
    (Williams PT. . 2003).
     
  4. amélioration des conséquences biologiques de l’obésité :
    Chez 15 obèses avec un IMC supérieur à 31, qui pratiquent de la marche pendant 60 à 90 minutes/séance, 5j/semaine, on constate :
    une réduction du poids global de 4.6 kg,
    une baisse de la masse grasse de 3.6 kg, et du % de MG de 2.9% ;
    la circonférence abdominale diminue de 5.6 cm et en même temps, sont diminués le tissu adipeux sous-cutané de 12% et le tissu adipeux viscéral de 14%.
    Sur le plan biologique, les triglycérides baissent de 23.7%, le cholestérol total/cholestérol HDL (mauvais cholestérol) de 14.3%.
    (Savage PD, 2003).
    Perdre des graisses par l’effort : Rechercher la zone d’utilisation maximale des graisses
    L’utilisation préférentielle des lipides apparaît pour des efforts de faible intensité alors que l’utilisation des sucres existe pour des efforts de forte intensité. D’où le choix, pour réduire la masse grasse, d’un effort de type endurance, dynamique, d’intensité modérée (50 à 60% de VO2max), de durée prolongée (au-delà d’une heure, 60 à 75min) car l’utilisation des graisses n’est pas immédiate mais survient après un minimum de 15-20 min d’effort.

La comparaison avec nos ancêtres montre que ces derniers dépensaient plus d'énergie (500 à 1000 calories supplémentaires par jour) que nous. Ils devaient, en effet, assurer eux-mêmes un certain nombre de fonctions quotidiennes (manger, se chauffer) qui nous sont "servies" aujourd'hui. Cette dépense supplémentaire équivaut à une marche de l'ordre de 10-15 km/jour.

Pour prévenir l'obésité, l'autre solution serait de manger moins. Sur ce point, les chercheurs ont observé que, sur des groupes ayant entrepris un régime, seules les personnes qui effectuaient régulièrement de l'exercice physique réussissaient à perdre du poids. Le régime seul n'assurait pas une perte de poids sur le long terme. En conséquence, l'exercice serait incontournable pour espérer perdre durablement du poids, prévenir l'obésité et les risques associés (cardiaques, locomoteurs.).

Référence : (Estimating changes in daily physical activity levels over time: implication for health interventions from a novel approach. Vogels N, Egger G, Plasqui G, Westerterp KR. Int J Sports Med. 2004; 25(8):607-10.)