Le sport après 50 ans - chapitre 8

Le vieillissement, la sédentarité, le style de vie et le sport

G-Le vieillissement, la sédentarité, le style de vie et le sport 1/ On a observé depuis de nombreuses années que l'avancée en âge est souvent associée à une tendance à réduire l'activité physique. 

La diminution de l'activité physique s'accompagne d'une diminution des dépenses énergétiques : 

On constate bien qu'avec l'âge les dépenses énergétiques diminuent mais l'entraînement permet de limiter cette diminution et un sujet âgé entraîné se situe au niveau d'un sujet jeune adulte sédentaire.

Les données détaillées sur la pratique physique ont été recueillies chez les participants de l'étude SU.VI MAX : elles indiquent qu'en 1998, 62% des hommes et 52 % des femmes âgés de 45 à 68 ans ont un niveau d'activité physique au moins égal aux recommandations de l'Organisme Mondial de la Santé (OMS), c'est à dire 30 minutes de marche rapide trois fois par semaine. 

Entre 45 et 75 ans, 60% seulement des personnes pratiquent une Activité Physique et Sportive suffisante alors qu'entre 12 et 24 ans, ils sont 75% à pratiquer une Activité Physique et Sportive. Le temps passé devant la télévision augmente avec l'âge de 130 min/j à 152 min/j pour les 65-75 ans. 

L'inactivité passe de 18,3% entre 18 et 29 ans à 42,6% au-delà de 65 ans. 

Une Enquête dans l'Union Européenne sur l'importance de l'activité physique pratiquée par semaine montre que l'activité est suffisante pour 63 % des 15-25 ans, 46 % des 26-40 ans, 36 % des 45-64 ans et 18 % des plus de 65 ans. 

75 % des seniors de plus de 55 ans disent pratiquer au moins une fois par an !… ce qui est notoirement insuffisant !

45 % des plus de 55 ans pratiquent spontanément des activités de loisirs comme la marche, la chasse, la pêche, les boules mais aussi le vélo ou la gymnastique douce. Les plus de 55 ans qui pratiquent une activité physique adaptée au moins 2 fois par semaine, le font de façon stable jusqu'à 70 ans, puis le pourcentage de pratiquants diminue. 20% des plus de 55 ans sont encore licenciés dans un club et 9 % pratiquent la compétition. 

L'habitat joue un rôle dans la pratique des activités physiques : les aînés ruraux (25%) pratiquent plus que les aînés de la ville (22%) et plus qu'à Paris (12 %) malgré de meilleures conditions de pratique dans le tissu urbain (plus d'équipements sportifs structurés). 

L'origine sociale des seniors, ainsi que le niveau d'études conditionnent leurs pratiques. Dans les ménages de faible niveau, ce sont les pratiques de masse qui prédominent comme la marche, le vélo, les activités de pleine nature, la natation et la course à pied. 

La réduction de l'activité physique est une notion essentielle. Elle est un facteur important de la baisse de capacité d'endurance des personnes âgées. La performance physique est réduite en grande partie à cause de l'inactivité physique. Cette sédentarité entraîne ensuite une baisse de la capacité aérobie. Il en résulte une intolérance à l'effort et une fatigue précoce et un cercle vicieux s'installe. L'étude suivante confirme cette observation. 

Dans cette étude, 4 groupes de sportifs ont été étudiés : 

- le groupe 1 est constitué de vétérans, qui s'entraînent en endurance, pratiquant la course à pied, leur âge est de 71 +/- 5,4 ans, 

- le groupe 2 est formé par des vétérans sédentaires dont l'âge est de 69.8 +/- 3.9 ans, 

- le groupe 3 est constitué de jeunes, entraînés en endurance, pratiquant la course à pied, et leur âge est de 25.4 +/- 4.3 ans et 

- le groupe 4 est formé de jeunes sédentaires âgés de 25.8 +/- 3.9 ans. 

Ces 4 groupes ont bénéficié d'épreuves d'effort sur vélo. Pendant les épreuves, les indices mesurés étaient : la Fréquence cardiaque, la Tension Artérielle et la puissance en watts. 

Les 2 groupes suivants : les vétérans entraînés (groupe 1) et les jeunes sédentaires (groupe 4) sont similaires pour leur capacité à développer de la puissance; en effet, la puissance en Watt atteinte est similaire dans ces deux groupes (pour la puissance totale observée au cours de l'épreuve : 1649,55 +/- 296.32 watt pour le groupe 1 et 1650,00 +/- 446.32 watt pour le groupe 4 et pour le puissance maximale en watts : 175,91 +/- 19.19 watt pour le groupe 1 et 173,18 +/- 24.38 watt pour le groupe 4). 

En revanche, il existe de grandes différences dans les groupes d'âges entre les sujets entraînés et les sujets sédentaires. La baisse d'activité joue donc un rôle essentiel dans le déconditionnement des sujets jeunes et surtout des sujets âgés. 

Avec l'âge on observe une diminution de la VO 2max de 0,6 à 1% par an environ. La diminution de la VO 2 est linéaire. 

L'antériorité sportive permet de conserver une meilleure capacité aérobie . 

Avec l'avancée en âge, les sujets ont tendance à réduire leur niveau d'activité physique ; or, c'est un facteur essentiel de maintien en bonne condition des vétérans et senior. 

Il est impératif d'encourager les sujets âgés à pratiquer une activité physique régulière. 

2/ Le déconditionnement lié à un mode de vie sédentaire provoque un déséquilibre important dans le bilan entre les entrées et les sorties énergétiques avec la production de pathologies dites de « surcharge ».

Ces pathologies sont actuellement bien reconnues et assemblées sous le terme de syndrome poly-métabolique. 

En France : la fréquence de ce syndrome est de 23% chez les hommes de 40-55 ans et de 43% au-delà de 55ans. 

Selon l'Organisme Mondial de la Santé , dans 7 pays européens, pour 8200 hommes et 9363 femmes, âgés de plus de 20 ans, la fréquence du syndrome polymétabolique augmente avec l'âge et est toujours plus élevée chez l'homme. 

fréquence du syndrome polymétabolique 

HOMMES 

FEMMES 

< 40 ans 

14 % 

4 % 

40 à 50 ans 

23 % 

13 % 

> 55 ans 

41 % 

26 % 

Ce syndrome est souvent sous-estimé en tant que facteur de risques. En effet, le sujet ne « ressent » rien, les traitements suivis permettent la plupart du temps de bien équilibré les perturbations et finalement le sportif « se pense » comme totalement normal. Néanmoins, la présence de ces anomalies constitue la base de facteurs de risques dont il faudra tenir compte lors d'une réflexion sur les choix sportifs : type de sport, intensité, etc. 

L'activité physique intervient sur les signes du syndrome métabolique : modification de distribution des graisses abdominales, modification du profil plasmatique lipidique, meilleure tolérance aux sucres et améliore nettement les conséquences métaboliques générales.

3/ La présence de maladies est plus fréquente chez les sujets qui avancent en âge. 

Les risques liés aux maladies ne s'ajoutent pas simplement mais s'expriment par une relation exponentielle et non une simple addition d'effet. 

Cette étude compare deux groupes de sujets : 

13 sujets atteints de maladies coronariennes (artères du cœur) dont les caractéristiques sont un âge de 55+/-8 ans, un poids de 86 +/- 11 kg , une taille de 172 +/- 6 cm et une Masse Grasse de 27,87 +/- 3,1% 

9 personnes dont les caractéristiques sont : âge de 57 +/- 7 ans, poids de 72 +/- 7 kg , taille de 172 +/- 4 cm et Masse Grasse de 21,32 +/- 5,2%.

On constate qu'il existe une différence pour le poids et la masse grasse entre les deux groupes. Lors d'un test de mesure des capacités cardiorespiratoires, les données cardiorespiratoires des 9 sujets contrôles sont bonnes et bien conservées malgré l'âge alors que les données chez les coronariens sont nettement diminuées : preuve que c'est plus la maladie et les facteurs de risques et non l'âge qui sont responsables en grande partie des baisses de capacité. 

La même observation est notée sur la fonction musculaire avec un temps de maintien de l'effort diminué chez le coronarien signe d'une fatigabilité accrue. La prudence est donc nécessaire et une adaptation individuelle est importante. 

Cependant, l'entraînement régulier, surtout en endurance, a un effet très favorable sur les pathologies cardiaques, sur le risque d'hypertension artérielle, sur les anomalies des lipides dans le sang et l'obésité. 

En France 18,7% des 60-70 ans pratiquent une activité physique, en majorité de la gymnastique d'entretien. Cette pratique par rapport à des sédentaires modifie modérément les aspects anthropomorphiques (poids, % de Masse Maigre et Masse Grasse), en revanche la vitesse de marche et la distance parcourue sont nettement plus élevées pour une même Fréquence Cardiaque. Par ailleurs, les actifs prennent moins de médicaments.